Le secteur bancaire est encore en état de choc après la crise

 

Rencontre avec Sabine BROUN, Benelux Manager chez Techrules

 

Quels sont, selon vous, les nouveaux défis du monde de la finance ?

 

Le secteur financier est en train de vivre une trans- formation profonde. Celle-ci a, selon moi, deux origines : d’une part, la crise qui a remis en question la crédibilité et la réputation du secteur dans sa globalité et, d’autre part, la digitalisation et le virage technologique massif qui est en train de s’opérer. Au regard de ces deux origines, nous devons appréhender les défis suivants:

 

  • Le public n’accorde plus sa confiance dans le secteur traditionnel car il estime qu’il a échoué pendant la crise. L’apparition de nouveaux acteurs qui font précisément de la transparence leur cheval de bataille, provient de cette demande des clients. Le secteur financier doit être transparent et présenter ses coûts d’une manière très claire, non seulement parce que les nouvelles réglementations l’exigent mais surtout parce que cela doit devenir le fondement de leur activité. Les clients en constituent l’actif principal.
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  • Comme indiqué précédemment, la nouvelle réglementation européenne MiFID II va obliger le secteur à procéder à des changements structurels importants qui engendreront des coûts élevés. La digitalisation des processus et l’application des nouvelles avancées technologiques liées à l’intelli- gence artificielle et au Big Data permettront de réduire ces coûts pour rendre l’industrie durable.
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  • Les clients sont plus exigeants. Ils demandent une attention personnalisée, par le biais de divers canaux, un accès par le biais de systèmes technologiques et moins coûteux. La transformation technologique et la reconversion des travailleurs du secteur dans le but d’être orientés encore davantage vers le client constitueront un autre défi fondamental que nous devrons relever dans les années à venir.
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  • Les professionnels ont besoin d’outils et d’une nouvelle vision de l’activité financière. C’en est fini du client captif auquel on répond toujours avec la même formule et auquel on donne toujours les mêmes excuses lorsque les choses ne se passent pas bien. A l’heure actuelle, le client est moins fidèle, il a accès à de multiples données et à bon nombre d’options en termes d’investissement. Les professionnels doivent être conscients de la valeur ajoutée de ce qu’ils peuvent apporter ou bien ils se retrouveront hors du marché.
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  • Les grands acteurs, les grands groupes, se concentreront de plus en plus pour faire face à une multitude de petites entités qui se spécialiseront dans des cadres spécifiques. On verra émerger un marché à deux faces: d’une part, de grands groupes internationaux proposant tous les types de services et, d’autre part, de petites entités de niche qui tente- ront d’être complémentaires pour créer des réseaux. Il n’y aura pas de guerre, ni d’effondrement de l’un ou l’autre, il faudra juste trouver la situation adaptée à un client qui sera de plus en plus difficile à seg- menter de manière globale.
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  • 6. Enfin, l’arrivée des millennials. Une grande par- tie d’entre eux doit encore arriver sur le marché en tant qu’investisseur, mais on peut déjà observer plu- sieurs tendances. La génération antérieure née dans la seconde moitié du 20ème siècle a d’autres priorités, liées à la continuité de ses investissements face à un horizon de retraite incertain. Toutefois, les millen- nials vont définir à bien des égards l’évolution du secteur financier car ils occuperont, à moyen terme, des positions de premier rang non seulement en tant que clients, mais aussi en tant que gestionnaires.

 

Quelle est, pour vous, l’influence des Fintech dans le secteur financier?

 

L’influence est déterminante, car elles ne sont plus considérées comme des expérimentateurs qui donnent le ton dans le secteur financier à court et moyen terme. Elles ont entraîné une avancée importante vers la transparence, comme celle des coûts, l’utilisation de la technologie, la réduction des effectifs et des stratégies d’efficience. En outre, l’explosion de tous les processus d’innovation de l’économie de marché a permis de nombreuses innovations dans bon nombre de domaines: les service de paiement, le change de devises, les investissements en actifs, les crédits…

 

Le secteur financier traditionnel s’est soudain retrouvé dans une situation où il n’a pas un concur- rent, mais des centaines de concurrents sur de mul- tiples aspects. Ce phénomène oblige clairement le secteur à réagir.

 

Pensez-vous que le secteur bancaire utilise suffisamment le potentiel de la technologie?

 

Le secteur bancaire est encore dans une certaine mesure en état de choc après la crise. Le changement a été immense et le nombre d’entités bancaires s’est réduit. Je pense que le secteur est conscient d’une partie des implications de la technologie dans le secteur mais pas de la totalité. Les banques ont un défi important à relever: la taille des groupes qui ont survécu est encore très grande, ce qui rend les processus plus lents à adapter. Il est vrai que bon nombre de plateformes ont été renouvelées et que beaucoup de processus ont été centralisés. En outre, l’accès des clients par le biais de la technologie s’est renforcé. Toutefois, compte tenu de la taille des entités, de nombreuses possibilités de transformation technologique subsistent encore et une plus grande utilisation de la technologie permettra d’obtenir davantage d’efficacité.

 

Quelles sont les évolutions de votre groupe au cours des 12 derniers mois?

 

TechRules est une société espagnole mature qui dispose déjà d’un grand potentiel grâce à ses ressources humaines et aux solutions que nous avons développées jusqu’à présent. Nous nous mettons constamment à jour et innovons. Nous avons l’habitude de dire que nous avons toujours été une Fintech, car le concept est présent depuis le début dans la culture de notre entreprise. Ces derniers mois, nous nous sommes concentrés sur le modèle d’entreprise du roboadvisor, avec un modèle adaptable aux entités et un développement propre au Royaume-Uni au travers de Gear Investments. Par ailleurs, notre rayon d’action s’est élargi à l’Amérique et l’Océanie. Nous avons ainsi créé une filiale au Chili, où le secteur financier présente d’énormes perspectives et nous avons commencé des activités en Australie et en Nouvelle-Zélande. Nous avons également créé des liens avec un nouveau client aux Etats-Unis. Nous constatons que la voie que nous suivons est la bonne, parce que nous avons une présence importante en Espagne, avec un portefeuille de clients et des projets d’envergu- re, mais la qualité de nos solutions est aussi reconnue à l’étranger.

 

Quelles sont les solutions que votre entreprise propose pour répondre aux nouvelles réglementations comme MiFID II ?

 

TechRules, en tant qu’entreprise à l’avantgarde de la technologie pour les professionnels, estime que pour mettre en place les normes de MiFID II de manière efficace, il est nécessaire d’utiliser des technologies. Tout changement apporté aux réglementations suppose d’adapter les plateformes et les outils, de même que les solutions offertes aux professionnels destinées à proposer le meilleur service à leurs clients tout en étant conformes aux nouvelles normes.

 

Chez TechRules, nous avons implémenté depuis longtemps dans nos solutions les changements qui permettront à nos clients de se conformer à la norme MiFID II. Toutes les questions relatives aux opérations et à la transparence vis-à-vis du client, ainsi que les processus de segmentation, KYC… ont été adaptés, c’est notamment le cas de notre plateforme Tower. Il en va de même pour notre solution de roboadvisor, qui permet d’intégrer à toute entité un conseiller de cette ligne technologique sans devoir effectuer un développement propre. TechRules lui livre toute la structure et la personnalise afin qu’il puisse offrir ce produit d’une manière compétitive tout en se conformant à la nouvelle norme.

 

Quels sont vos principaux objectifs?

Nous sommes ambitieux et nous aimons relever de nouveaux défis susceptibles d’améliorer et de faire croître notre entreprise. Dans le cadre de notre expansion, nous avons prévu de nous engager davantage en Europe, notamment par le biais d’un accord de coopération passé avec ENG Consulting, une société indépendante fondée au Grand-Duché de Luxembourg qui va renforcer notre présence en France et en Allemagne. En outre, nous avons les yeux tournés encore davantage vers le Benelux, où il y a d’importantes niches d’activités que notre entreprise peut aider de manière appropriée.

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